Homère : héritage et postérité par Pierre Somville



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Cours-conférence dispensé au Collège Belgique le 11 mai 2022.

Bien qu’il nous apparaisse comme à l’origine de toutes nos littératures, Homère est en fait l’aboutissement de toute une tradition, orale évidemment. À nous d’en débusquer les traces et départir les différents courants, mycéniens, phéniciens, minoëns peut-être. Quand l’œuvre apparaît, elle est le résultat « ionien-éolien » de ces strates superposées. Elle continue à se transmettre, oralement, du VIIIe au VIe siècle avant notre ère.

Mise par écrit, à Athènes, elle sera désormais récitée (et jouée) souvent en épisodes séparés, mais sous une forme plus ou moins définitive. Progressivement commencera, sur papyrus, l’essaimage du texte à côté des « performances » orales, qui feront connaître l’œuvre hors d’Athènes, dans les différentes provinces du monde grec, avant qu’Alexandrie en unifie le texte et le procure ne varietur.

Dès lors, et jusqu’à la fin de l’antiquité gréco-romaine (Ve siècle de notre ère) l’Iliade et l’Odyssée seront cette Bible de l’ancien monde, où l’on apprend à lire et à parler, à se conduire et à connaître à la fois l’homme, le monde et la société. Le millénaire byzantin prendra le relais, grâce aux moines copistes et ce jusqu’à la renaissance italienne. Enfin, chez nous, à l’époque dite moderne, les deux épopées inspireront tous les romans et récits de guerre (Tolstoï, Barbusse, Jünger…) ainsi que les aventures nautiques (Monte-Cristo, Joyce, Moby Dick).
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